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... je ne peux imaginer qu'un art aussi complet, si proche de la poésie, de la musique,(...) puisse disparaître, malgré toutes les annonces de mort que l'on a pu ou que l'on peut proférer à son sujet.

Roger Dérieux Passage d'un oiseau 2004 (éditions du pin)


De Quai Saint-Pierre à la Suite Quercynoise


L'oeuvre de Roger Dérieux est suffisamment vaste pour que soit renouvelé le plaisir d'une exposition après celles de 2011, 2012, 2013 à la librairie Calligramme, à La Maison Jacob et au musée Henri-Martin.

Voilà une peinture contemplative, retranchée -sinon du temps- des chaos de l'Histoire et des tourments personnels, préoccupée de la lumière, des couleurs et des formes, préoccupée du seul don de la présence, celle des êtres et celle du paysage.
Cette aventure du regard et de l'imaginaire se développe dans la forme particulière d'une vie et de ses espaces privilégiés, le Midi, la Haute Ardèche, le Quercy, et quelques grandes et belles villes.

Peinture d'atelier, elle vient toujours de la nécessité du réel alentour ; la vision et le souvenir se recomposant dans l'espace de la toile.

Pour cette nouvelle exposition, Roger Dérieux propose essentiellement des collages. Depuis une trentaine d'années il pratique le papier collé, dégagé comme il l'a toujours été des modes du moment, guidé par la seule nécessité intérieure de son parcours.

Peindre et coller ne se distinguent pas du point de vue du style - même goût de l'harmonie, de l'équilibre et de la clarté - la technique du papier collé étant un moyen d'introduire plus de mobilité dans le travail et d'ajouter de la matière. Le collage semble l'aboutissement d'une oeuvre traversée par le mouvement vers l'abstraction.

Sans idée précise au début, à partir d'un fond, l'artiste joue d'une gamme étendue de couleurs et de formes : l'organisation est conduite par l'intuition, la volonté et l'ouverture à l'inconnu.

Le collage, qui permet un espace surmultiplié extrêmement nuancé, convient à Roger Dérieux dans sa quête d'un accord harmonieux avec lui-même et avec le monde. La noblesse, la retenue de l'homme, comme de l'artiste, nous offrent une peinture d'une rareté telle que notre regard s'en trouve changé.

Aussi conclurons-nous avec William Blake (Le mariage du ciel et de l'enfer) :
Si les fenêtres de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme, - ainsi qu'elle l'est - infinie.


Nicole Détourbe

le site de Roger Dérieux

 


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