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Depuis trente ans ou plus, Peter remplit des carnets de dessins et d’esquisses colorées, (même si la couleur est discrète). Je les vois comme de petits dictionnaires encyclopédiques, dont ils ont l’épaisseur d’ailleurs, qui nous racontent la Terre et ses merveilles ! On les parcourt à pas de géant, puis de fourmi, accompagnant l’auteur dans sa quête infinie. Il en est au quatrième ou cinquième tome et poursuit son travail de fourmi mais aussi de géant.

Pas facile à exposer ses cahiers ! Je les ai conservés assez longtemps chez moi. J’y faisais ma promenade quotidienne avec bonheur, page après page. L’intensité de certains lavis me propulsait dans ceux de Victor Hugo : même matière picturale, même notation directe, la main de l’artiste très proche du lecteur. Mêmes éclaboussures autour du sujet ; travail sans peur et sans reproche ! Expression connue qui me traverse l’esprit : Pierre Alechinski la prononce dans un film qui lui est consacré. J’ai failli oublier ce rapprochement très évident avec la posture du peintre belge qui travaille aussi beaucoup sur papier, en improvisation permanente. Encre fluide, geste souple, formes épurées. Ils sont cousins.

Peter c’est l’homme au quotidien. C’est la vie tout de suite. Ce n’est pas la conférence sur l’art, c’est le clin d’œil complice qui vous entraîne vers la petite grotte aux secrets. Tu vois ! Il suffit de regarder un peu ; prendre une loupe ou un microscope quand c’est nécessaire. Le monde est là devant toi ; il suffit d’avoir l’œil. Le reste te sera donné par surcroît.

Extrait de l’ouvrage « Peter Amici, l’air de rien. » de Christian Verdun, avril 2011.


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